Jean-Marie Collot d'Herbois


RONDE

Air : Adieu donc, Dame Françoise.

 

Chanter est un bon présage ;
Chantons donc tous ce refrain :
Vertus, amitié, courage,
Signalent le citoyen ;
Ce sont les titres du sage
Et ceux de l’homme de bien.

Jadis sur de vieilles vîtres,
Un noble fondait ses droits ;
Un caillou casse les titres :
Volà le noble aux abois.
Aussi sur de vieilles vîtres,
Pourquoi donc fonder ses droits ?

Un comte avait sa noblesse
Bien roulée en parchemin ;
Un maudit rat, pièce à pièce,
A rongé tout le velin.
Pourquoi diable sa noblesse
Est-elle de parchemin ?

Nos droits sont dans la nature,
La raison les recouvra ;
Ils ne craignent pas l’injure
D’un coup de vent, ni d’un rat ;
Mais aussi c’est la nature
Qui dans nos coeurs les grava.

Je connais une patronne
Qui se nomme Liberté
A ses élus elle donne
Force, gloire, sûreté :
Voilà, voilà la patronne
Dont mon coeur est enchanté.

J’ai juré de mourir libre,
Et je tiendrai mon serment ;
Que le Pape, au bord du Tibre
Lance son foudre impuissant ;
J’ai juré de mourir libre,
Et je tiendrai mon serment.
 

Paris, 1792

 


"La Liberté. Patrone des Républicains français. Indivisible et Invincible." Source: gallica.bnf.fr



Back to the Poetry Page
Retour à la Page Poésie
Назад на страницу поэзии

Retour à la page d'accueil

Tous droits réservés. Copyright © Alla Jacobs 2006-2015.